Soutenance Sandra Cheilan : "Poétique de l’intime dans l’œuvre de Proust, Woolf et Pessoa", 21/11

Sandra Cheilan, "Poétique de l’intime dans l’œuvre de Proust, Woolf et Pessoa" - sous la direction de Karen Haddad

Université Paris Ouest Nanterre La Défense
bât. G, salle G 614
jeudi 21 novembre 2013
Heure de la soutenance : 14h

Membres du jury

M. le Professeur Pascal Dethurens (Université de Strasbourg)
M. le Professeur Vincent Ferré (Université Paris Est Créteil)
Mme le Professeur Karen Haddad (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Mme le Professeur Catherine Lanone (Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle)
M. le Professeur Franc Schuerewegen (Universités d’Anvers et de Nimègue)

Résumé de la thèse

C’est au cœur d’une crise de la représentation et de la transparence intérieures, initiées par les découvertes scientifiques sur le psychisme, que Proust, Woolf et Pessoa fabriquent une poétique de l’intime. Nées dans des zones géographiques complémentaires, dont Paris constitue le centre d’influence, les œuvres de ces trois auteurs constituent les jalons d’un parcours littéraire qui va de l’invention proustienne du roman intime en France à l’exploration des limites de la représentation de l’intime-fiction chez Pessoa, en passant par les pratiques woolfiennes de réécritures de la Recherche. Invention, appropriation, dépassement, tels sont les moments de la micro-histoire de ce que nous pourrions appeler une tendance du roman dans les premières décennies du XXe siècle à construire un espace à soi, un espace fictionnel de représentation de l’intime. S’opposant à la tradition autoréférentielle des genres dits autobiographiques, nos auteurs refaçonnent la représentation de l’intime dans le roman et inventent une poétique fictionnelle, qui se sert de la fiction comme le déclencheur et le révélateur paradoxal de l’intime. Nous nous attacherons donc à cerner une poétique, au sens étymologique de fabrique, et au sens esthétique de dispositifs mis en place pour représenter la diversité de la vie intime dans le roman. Défini dans son triple sens psychique, relationnel et spatial, l’intime devient un nouveau champ d’expérimentation romanesque et d’invention poétique. D’une complexité psychique et physique à un territoire qui donne forme à l’intériorité des personnages, du personnel au domestique, nos romans parcourent les possibilités de la représentation de la vie intime. Conçu en scènes du quotidien qui mettent en jeu la dialectique du corps et de la pensée, de soi et de l’autre, du dedans et du dehors, le roman revalorise alors l’infra-ordinaire, ce qui se joue en-deçà du romanesque et du notable, jusqu’aux limites de la représentation et du dicible.