Volume collectif Pour un comparatisme français renouvelé : appel à contributions

 

 

Volume collectif Pour un comparatisme français renouvelé : appel à contributions

A la suite du congrès de la Société Française de Littérature Générale et Comparée que nous avons coorganisé à Dijon en septembre dernier avec Didier Souiller, dans le sillage de la Revue d’études culturellesdu Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures (EA 4171), revue dont le quatrième numéro, L’Automédialité, est sur le point de paraître, en lien, enfin, avec le projet d’un livre, portant sur les liens entre comparatisme et théorie, que nous sommes en train de mettre au point avec Frédérique Toudoire- Surlapierre, de l’université de Mulhouse-Haute-Alsace, nous voudrions faire paraître en 2010, probablement aux Presses Universitaires de Reims (Epure), un ouvrage collectif intitulé Towards a New French Comparatism/ Pour un comparatisme français renouvelé.
Il s’agira de croiser dans ce volume deux perspectives. La première visera à reprendre les sujets traditionnels de la littérature comparée en France, mais dans des optiques profondément remaniées. En voici quelques exemples :

-  Bible et fiction (mais nous souhaiterions des contributions inventives et étonnantes dans le goût de ce que Florence Dupont avait réalisé il y a quelques années dans son Homère et Dallas. Pourquoi ne pas songer, par exemple, à des articles portant sur la Genèse dans Paradise Lost, Blade Runner et Neon Genesis Evangelion ou, à rebours, sur l’apport de l’exégèse des pères de l’Eglise aux théories modernes de la lecture ?) ;
-  Mythes et fiction (là encore, nous voudrions des travaux sur le processus de mythologisation moderne ou postmoderne : le mythe intermédiatique de James Bond, jadis étudié de U. Eco à T. Bennett et J. Woollacott ou le mythe de l’extraterrestre moderne, de H. G. Wells à la saga Alien).
-  De la thématologie à l’étude des motifs micro-structurels (tels que le petit pied mignon, du sentimentalisme au libertinage et au foot-fetiche contemporain).
-  Les genres, explorant avant tout les logiques d’hybridation par sous-genres : émergence du roman noir par dégradation du roman criminel naturaliste et du detective novel ; alliance du film carcéral et de la sexploitation dans le Women in Prison (et sa troublante extension, « abjecte », du nazixploitation), etc.
-  Traductologie - en lien avec la théorie des polysystèmes, finalement assez délaissée chez nous, insistant sur les liens essentiels entre littérature traduite et champ littéraire national, au-delà de la critique d’influences de tradition positiviste.
-  Imagologie - par exemple : les Etats-Unis vus d’Europe/ La France vue des Etats-Unis. Encore une fois, dans les fictions littéraires, mais aussi télévisuelles ou cinématographiques : le Paris contemporain vu par Edmund White dans The Married Man mais aussi par Carrie à la fin de la série Sex and the City, par Adam Goldberg dans 2 days in Paris ou par Audrey Hepburn dans Funny Face. On pourrait aussi penser à une approche théorique ou historique : la French Theory aux Etats-Unis, son retour en France.
-  Texte et image (pour sortir des analyses habituelles du type « le livre illustré » nous aimerions une contribution portant, par exemple, sur le rôle respectif du texte et de l’image dans les magazines, romans, comix, romans-photos et blogs érotiques). Au-delà des simples croisements iconographiques ou de la sémiologie d’une “rhétorique générale », le thème de la « littérature et la peinture » peut ouvrir sur un culturalisme large, de l’hellénisme alexandrin à la postmodernité).
-  Littérature et musique (pourquoi pas « Littérature et rock’n’ roll » ou « comédie musicale hollywoodienne, voire bollywoodienne » ?).
-  Danse et/ou mode : en quoi les outils de la sémiologie littéraire permettent-elles de les mieux comprendre ? Quelle est leur place au sein du comparatisme ? Et des cultstuds ?
-  Architecture et littérature (en quoi, par exemple, la notion de postmodernité, définie par C. Jenks et L.Venturi et forgée dans le domaine architectural est-elle pertinente pour la littérature ou, plus généralement, pour les fictions ou la compréhension de notre monde ?).
-  Etudes filmiques - mais aux traditionnelles études sur l’adaptation à l’écran des textes littéraires et sur les sempiternels exemples canoniques Cuirassé Potemkine et Metropolis, nous préférerions des études croisées sur la fiction contemporaine (R. Brautigan, R. Bolaño, M. Houellebecq, E. Jelinek, G. Ballard, etc) en rapport avec les blockbusters, les comédies sentimentales hollywoodiennes, les westerns, les dessins animés ou les films d’horreur.
-  Littérature et philosophie, ou comparatisme et philosophie (notamment autour d’auteurs de références qui, après avoir été un temps en vogue, sont passés au second plan du comparatisme français : Bataille, Blanchot, Foucault, etc.). On s’intéressera notamment à la question essentielle des rapports entre l’esthétique et la poétique.
-  L’histoire des idées, renouvelée par l’apport des historiens culturels et des mentalités : le rôle essentiel du comparatisme pour éviter le mirage mimétique du littéraire comme document, serait-ce eidétique.
-  Pour une nouvelle histoire littéraire comparée, après un demi-siècle d’attaques, du structuralisme au « pédagogisme » contemporain, réfléchissant notamment aux problèmes de périodisation comparatiste : Peut-on légitimement s’attaquer encore au maniérisme, au baroque, à la « fin-de-siècle », au postmoderne ? Doit-on leur préférer des « petites histoires » telles que l’histoire du scepticisme ou du lucianisme littéraire dans la pré-modernité ?
Le deuxième axe de ce volume, venant en complément du premier, s’attachera à des sujets souvent délaissées par les comparatistes français- ou, simplement, par eux, traités à la marge, et qui, pourtant, nous paraissent essentiels :

-  Comparatisme et politique, de l’aspect politique du « cosmopolitisme » comparatiste à l’étude comparée de la politologie littéraire et des représentations du politique au sens large, dans la lignée de K. Theweleit ou G. Mosse.
-  Comparatisme et anthropologie ; dans la lignée des travaux de M. Douglas et de ses disciples.
-  Comparatisme et sociologie ; au croisement des cultstuds et de la riche tradition française de la sociologie littéraire mais aussi de l’étude systémique.
-  Comparatisme, théories de la fiction et des univers de croyance.
-  Meme Theory et autres liens possibles entre littérature comparée et la « nouvelle synthèse darwinienne » (retour de la vieille question des origines de la fiction, etc.).
-  Médiologie, notamment le rapport entre littérature et les nouveaux médias ainsi que la culture de masse et la fiction, à la fois retravaillée par celle-ci et la retravaillant, par exemple à travers la question de la sérialité (en littérature, arts plastiques, performance, cinéma, musique ou à la télévision).
-  Lecture et gender ; Queer studies
-  L’interculturalisme au sens large, du post-colonial au multiculturel en passant par les phénomènes d’acculturation, déculturation, transfert, etc.
-  L’ultracontemporanéité, notamment littéraire, vue d’un point de vue comparatiste à l’heure de la globalisation. On s’intéressera à la notion d’identité aux âges postmoderne et hypermoderne.
Cette liste, loin d’être exhaustive, n’est qu’indicative. Cependant, beaucoup d’entre vous y trouveront mentionnés leurs sujets de recherche de prédilection. Rien d’étonnant, nous vous envoyons cet appel à contribution précisément parce que nous connaissons vos recherches et que nous souhaiterions votre collaboration. Cela dit, si vous connaissez des collègues, de jeunes docteurs ou des doctorants de talent que certaines de ces questions pourraient intéresser, n’hésitez pas à leur transmettre cet appel et à leur demander de se mettre en contact avec nous.
Nous tenons beaucoup à ce que la plus grande partie possible de ces articles soit rédigée par des universitaires étrangers. Il va de de soi que nous acceptons les articles dans nos langues habituelles - en français et en anglais - mais aussi, naturellement, en espagnol, en portugais ou en italien.
Pourriez-vous, si vous accepter de collaborer à ce livre, nous envoyer un titre et un bref résumé de votre projet avant le 1er juin (par mail à sebastien.hubier@univ-reims.fr). Les articles eux-mêmes devront compter entre 30.000 et 40.000 signes, notes et espaces compris, et nous être envoyés par mail, au format word (.doc) pour le 1er janvier 2010 au plus tard (à la même adresse).

 

 

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