XXXVIème Congrès SFLGC : Aix-en-Provence, 31 oct-01 nov 2009. Appel à contribution

 

 

XXXVIème Congrès SFLGC : Aix-en-Provence, 31 oct-01 nov 2009. Appel à contribution

XXXVIème Congrès de la S.F.L.G.C.

« Littérature comparée et Esthétique(s) »

31 oct. - 01 nov. 2009
Université de Provence, Aix-en-Provence

Partant du constat que « la littérature est aussi un art », Gérard Genette dans L’œuvre de l’art pense que l’on peut mieux cerner ce qu’est la littérature si l’on saisit ce qu’est l’œuvre d’art. La Poétique devient (ou redevient) ainsi une branche de l’Esthétique. La littérature s’inscrit dans un horizon théorique plus large qui innclut les autres arts, qu’il s’agisse des théories de l’imitation, des théories de la sensibilité (Shaftesbury ou Baumgarten), de la « doctrine de l’Art » de l’idéalisme allemand (Schelling, Solger, Hegel...), ou de problématiques plus récentes liées à l’incertitude quant au sens de l’art.
L’Esthétique comme discipline naît comme une recherche de l’unité conceptuelle des différents produits de l’art ; elle propose des catégories universelles permettant non seulement de lier les arts les uns aux autres, mais de lier les littératures nationales entre-elles, par delà les frontières. Comme le relève Bernard Franco dans La recherche en littérature générale et comparée en France en 2007, c’est la périodisation historique de l’Esthétique allemande qui fournit des critères communs aux littératures des différents pays (européens) et justifie donc la création en France de la première chaire de littérature comparée (« littérature étrangère ») en 1830. La périodisation en grands courants : symbolisme, classicisme, romantisme forgeait pour longtemps l’Histoire littéraire.

Aujourd’hui, cette discipline interdisciplinaire (entendons ici l’Esthétique...) ne fait pas l’unanimité. Et cette querelle de l’Esthétique n’est pas sans concerner la littérature comparée. Récuser la communauté des arts, c’est, comme le fait Alain Badiou, contester qu’il existe des catégories universelles s’appliquant aux différents arts, pour affirmer le propre de chaque art et défendre avant tout l’absolu primat du pur Poème (Petit traité d’inesthétique). A ce « modernisme », Jacques Rancière oppose une nouvelle définition de l’esthétique et une réflexion encore possible sur l’art avec la littérature : l’esthétique est le « régime d’identification » de l’art et non un discours dominant son objet de l’extérieur ; elle est à la fois le partage du sensible à l’œuvre hic et nunc et le discours sur ce partage (Malaise dans l’esthétique). Une telle approche permet d’échapper à la fois à une définition essentialiste de chaque art et à la tentation d’une hiérarchie des arts et des lettres.

Comment justifier en Littérature comparée l’usage des « esthétiques » et quel sens leur donnons-nous ? Est-ce que notre recours à l’Esthétique repose aujourd’hui encore sur le postulat romantique d’une unité de l’Art ? La périodisation (le baroque, par exemple, le maniérisme, et même l’idée d’une période telle que la Renaissance) fournit-elle encore à la recherche des outils valides ? Qu’y a-t-il de commun entre le Romantisme allemand et le Romantisme français .. ? Cette interrogation pose aussi la question des transferts interculturels et de la traduction des concepts. Quels concepts empruntons-nous à des historiens de l’art ou à des musicologues, par exemple, pour les appliquer dans le champ littéraire ?

Le colloque pourra donc accueillir des contributions sur les approches théoriques dans les domaines suivant :

-   littérature et arts,
-   littérature et philosophie,
-   transferts culturels et traduction.
Les interventions s’interrogeront exclusivement sur les fondements théoriques de la pratique comparatiste : comment l’Esthétique peut-elle fonder les études comparatistes, la transversalité des arts et des savoirs, et : quelles esthétiques interviennent dans les recherches littéraires ? Elles porteront en conséquence sur la méthodologie de la littérature comparée. Ce colloque sera l’occasion de repenser l’interaction de ces disciplines et la pertinence du champ de la littérature comparée, que l’on pourrait nommer une Esthétique transdisciplinaire.

(Le champ critique est large, qui s’étend d’Aristote aux recherches plus récentes sur le statut de l’art chez Nelson Goodman, Gérard Genette, Gadamer (L’actualité du beau)... et chez les auteurs cités ci-dessus. On trouvera de nombreuses références bibliographiques dans l’article cité de Bernard Franco).

Merci de faire parvenir vos propositions de communication (un titre et un texte d’une dizaine de lignes maximum) avant le 15 décembre 2008 à l’adresse suivante :

esthetique09@hotmail.fr

 

 

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